Les psychiatres s’alarment : pourquoi tant de malades mentaux sont-ils livrés à eux-mêmes.

Les psychiatres s’alarment : pourquoi tant de malades mentaux sont-ils livrés à eux-mêmes.

Psychiatres : Des médecins lancent un signal d’alarme : des patients atteints de troubles mentaux, parfois majeurs, ne sont pas pris en charge.

Dans un tunnel du métro parisien de la ligne 6, un homme, seul, nage dans un jogging trop large. Comme s’il jouait, il va et vient, en riant, dans le sens contraire de la foule. Quelques jours plus tôt, une femme, élégante, chapeau rouge digne des courses hippiques, se met à taper du pied, dans un wagon de la ligne 1, avant de se mettre à hurler, en furie. Le sol tremble, la rame retient son souffle. Une autre erre toute la journée, le regard vide, le long de la rue Rambuteau, dans le IVe arrondissement.

Des personnes qui crient, qui parlent seule dans les rues, ce sont des scènes courantes surtout dans les grandes villes. Ces âmes errantes sont-elles plus nombreuses qu’avant ? Difficile de savoir, les chiffres n’existent pas. Mais « ce n’est pas normal d’en voir autant », dénonce pour la première fois le docteur Antoine Pelissolo, chef du service psychiatrie à l’hôpital Henri-Mondor, à Créteil (Val-de-Marne). « C’est un vrai problème, rebondit le professeur Michel Lejoyeux de l’hôpital Bichat. Il n’est pas acceptable que, sur une question aussi grave, il n’y ait aucune évaluation. Il en faut une ! »

psychiatrie

Selon les spécialistes, cette situation est le reflet d’un défaut de prise en charge des malades, conséquence d’un système psychiatrique en plein naufrage, dénoncé aujourd’hui, haut et fort, par toute une profession. Une journée d’action nationale, à l’appel de plusieurs collectifs, mardi prochain.

«Ils sortent trop tôt de l’hôpital»

Réduction du nombre de lits, alors que la population augmente et que le recours à la psychiatrie est plus fréquent, absence de structures alternatives… Résultat, les patients – et leurs familles – trinquent. « Ils sortent trop tôt de l’hôpital et doivent être réhospitalisés », déplore Marion Leboyer, responsable de pôle à l’hôpital Mondor et coauteure d’une enquête choc « Psychiatrie : l’état d’urgence ».

médecins

Le professeur Lejoyeux le constate tous les jours dans son service. « On a de plus en plus de difficultés à trouver des places. » Les malades sont davantage livrés à eux-mêmes. En 2018, les études épidémiologiques montrent qu’un Français sur cinq souffre de troubles mentaux, de dépressions, de troubles bipolaires, d’autisme, de schizophrénie. « Une énorme partie de la population n’est pas soignée correctement », s’insurge Marion Leboyer. C’est surtout le cas des sans-abri, déjà confrontés à la précarité, et des prisonniers où l’on compte 80 % des hommes et 70 % des femmes qui souffrent de troubles mentaux.

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Laeticia Faubert

Je suis l'administratrice de du site, merci les filles.