Nous avons décortiqué les 42 revendications des “gilets jaunes”.

Les 42 revendications des “gilets jaunes”, après que le mouvement de contestation, lancé en réaction à la hausse du prix des carburants à la fin octobre.

Pour preuve : une liste contenant une quarantaine de revendications allant de l’augmentation du smic au retour au septennat, a été envoyée jeudi 29 novembre aux médias et aux députés. Cette liste de “directives du peuple” doit être “transpos[ée] en loi”, réclame le mouvement. Franceinfo a décortiqué ces mesures (en gras), en indiquant pour chacune d’entre elles la position du gouvernement à ce sujet ou des éléments de contexte.

Sur la précarité

• “Zéro SDF : URGENT.” C’était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron. Deux mois après son élection, en juillet 2017 à Orléans (Loiret), il avait assuré ne plus vouloir “personne dans les rues d’ici à la fin de l’année”, relève Le Parisien. Promesse manquée.

Le gouvernement assure avoir créé 13 000 places d’hébergements supplémentaires cette année-là, note France 3. Mais c’est insuffisant pour un pays qui comptait 141 500 personnes sans domicile fixe en 2012, selon les derniers chiffres de l’Insee. Emmanuel Macron a d’ailleurs reconnu son échec lors de ses premiers vœux aux Français, le 31 décembre 2017.

Plus récemment, le Sénat a voté mardi 27 novembre des amendements du gouvernement supprimant des avantages fiscaux pour les personnes mettant à disposition des logements pour les sans-abri ou mal-logés, note Public Sénat. Ces avantages avaient été votés par l’Assemblée dans le projet de budget 2019. L’un prévoyait la possibilité de déduire de l’impôt sur le revenu d’un propriétaire le montant de la taxe foncière d’un bien immobilier gracieusement mis à disposition des associations d’accueil et de logement des personnes défavorisées reconnues d’utilité publique. Le second ouvrait le droit de réduire de l’impôt sur le revenu 66% du montant de la valeur locative d’un bien immobilier gracieusement mis à disposition de ces mêmes associations.

• “Les salaires de tous les Français ainsi que les retraites et les allocations doivent être indexés sur l’inflation.” Chaque année, l’augmentation mécanique du smic est en partie liée à l’inflation. Grâce à ce mode de calcul, cette revalorisation devrait tourner autour de 2% en 2019. Problème : d’après les chiffres du ministère du Travail, communiqués en août dernier, les prix augmentent plus vite que les salaires.

Entre les mois de juin 2017 et juin 2018, dans les entreprises de plus de 10 salariés, le salaire mensuel de base a progressé de 1,5% alors que l’inflation a, elle, grimpé de 1,7%, résument Les Echos. Quant aux retraites et aux allocations, le gouvernement a affirmé qu’elles ne seront pas indexées sur l’inflation. En août, Edouard Philippe a annoncé dans Le JDD qu’elles ne progresseront que de 0,3 % par an en 2019 et en 2020, soit bien en dessous de l’inflation qui a atteint les 2,3% pendant l’été.

délégation

• “Augmentation des allocations handicapés.” L’allocation aux adultes handicapés (AAH) est passée à 860 euros par mois pour une personne seule le 1er novembre, contre 810 euros auparavant. Elle atteindra 900 euros le 1er novembre 2019. Selon le Premier ministre, cette hausse de 90 euros en deux ans représente “un effort supplémentaire de deux milliards d’euros sur le quinquennat”.

• “Limitation des loyers. Plus de logement à loyers modérés (notamment pour les étudiants et les travailleurs précaires).” Prévu dans une trentaine d’agglomérations par la loi Alur portée par Cécile Duflot lorsqu’elle était ministre du Logement au début du quinquennat Hollande, l’encadrement des loyers n’a été appliqué qu’à Paris, à partir de 2015, et Lille, en 2017. La justice a mis un coup d’arrêt à ces mesures à la fin 2017. Une décision confirmée le 26 juin 2018 par la cour administrative d’appel de Paris.

• “Les prix du gaz et de l’électricité ayant augmenté depuis qu’il y a eu privatisation, nous voulons qu’ils redeviennent publics et que les prix baissent de manière conséquente.” Aujourd’hui, l’Etat détient 83,7% du capital d’EDF et 23,64% d’Engie. Pour le premier, le gouvernement ouvrira “une réflexion sur le renforcement de sa participation au capital de l’entreprise en lien avec les enjeux et risques particuliers de l’activité nucléaire”. D’après une source proche du dossier, citée par Reuters, une option consisterait à réguler les prix du nucléaire et à nationaliser le parc de centrales d’EDF pour le mettre à l’abri des soubresauts du marché et de la concurrence. Quant aux prix du gaz, ils dépendent des tarifs réglementés de vente (TRV) appliqués par Engie et calculés selon différentes variables (les coûts d’acheminement, de stockage, etc…).

Le gouvernement prévoit de mettre fin à ces tarifs spécifiques au 1er juillet 2023, pour se conformer au droit européen.

Sur les retraites et les personnes âgées

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