Reconfinement en France, cela se précise de plus en plus, les détails.

Si Jean Castex met en place son plan de reconfinement, il sera localisé et comme pour l’Espagne, il devrait être proposé pendant 15 jours.

Alors que le gouvernement continue de dire qu’un reconfinement est hors de question, les experts sont sur les nerfs depuis plusieurs jours, indiquant que nous sommes “proches” d’une telle solution. Pour le Conseil scientifique, “à ce stade de l’épidémie”, “il n’envisage pas de proposer l’option 4 (nouvelles mesures fortes et potentiellement contraignantes) au niveau national, mais il ne peut exclure son utilisation dans certaines métropoles et, bien sûr, en cas de nouvelle détérioration”.

Cette option “locale” semble être la solution choisie par le Premier ministre Jean Castex et le gouvernement, à l’instar des premières décisions prises à Marseille et Aix-en-Provence ou en Guadeloupe avec la fermeture de bars et restaurants (ces derniers rouvriront avec un nouveau protocole sanitaire plus strict). Cette solution, qui a été contestée, devait porter “un coup majeur”. “Je me suis dit à l’époque que si nous n’agissions pas plus fortement, le virus nous dépasserait parce que l’opinion publique ne mord pas. Il fallait frapper un grand coup”, aurait dit Castex en privé selon Le Monde.

Pour éviter une nouvelle confirmation, l’exécutif veut agir dans les 15 jours pour voir comment la situation évolue afin d’établir de meilleures solutions. Pour Anne Hidalgo, la maire de Paris, qui doit annoncer de nouvelles restrictions, ce n’est pas la meilleure idée car pour l’élu “il faut se projeter, avec douze à dix-huit mois d’une situation où il y aura des hauts et des bas, c’est avoir une méthode. Nous ne pouvons pas être dans un “stop and go” permanent de nos activités, a-t-il déclaré lors du Grand Jury de dimanche.

Alors, concrètement, quelles sont les solutions alternatives ? Avec les célébrations de la Toussaint, il pourrait y avoir une nouvelle restriction de la circulation dans les territoires où la situation sanitaire se détériore, comme Paris ou Marseille, pour éviter qu’un mélange de population ne provoque une deuxième vague généralisée, hypothèse qui n’a pas du tout été mise sur la table pour le moment. L’enfermement des personnes les plus vulnérables pourrait également être une alternative crédible, mais cela risquerait de créer un véritable isolement pour ces personnes, c’est pourquoi cette hypothèse n’est pas non plus retenue pour l’instant.

France

Confinement ? “Allons directement à l’intérieur.”

Esther Duflo vante les mérites d’une organisation de reconfinement “sereine”. Pour sa part, Jérôme Marty, président de l’Union française de médecine libre (UFML), a déclaré au site actu.fr que “personne n’ose le dire, mais ce qui peut arriver, c’est un reconfinement total, comme ils le feront au Royaume-Uni à la Toussaint”. “Allons directement là-bas”, dit-il. Un point de vue partagé par Christine Rouzioux, professeur de virologie, qui a estimé lundi 28 septembre sur France 2 que les mesures prises par le gouvernement n’étaient pas assez drastiques pour stopper le flux de Covid-19. Ce n’est pas suffisant car ils ne sont pas “suffisamment respectés”. “Les gens en ont assez, ils ne veulent pas comprendre, mais le reconfinement est susceptible d’arriver à toute vitesse”, a-t-il dit, jugeant que sans reconfinement, “les hôpitaux se rempliront très vite et seront débordés. Si la décision est entre les mains du gouvernement, il est difficile de prouver que ces spécialistes ont tort, du moins en ce qui concerne les chiffres.

À Paris, par exemple, une ville qui a été épargnée par les mesures les plus restrictives, les indicateurs sont alarmants. Les seuils de niveau d’alerte maximum, en vigueur à Marseille et en Guadeloupe, ont été franchis. Le taux d’incidence y est désormais de 252 (limite de 250 pour le niveau d’alerte élevé), au moins 30 % des lits de réanimation sont occupés par des patients atteints de covidose et le seuil du taux d’incidence chez les personnes âgées, le troisième indicateur, est dépassé presque partout en Ile-de-France.

macron

Quatre niveaux d’alerte

Mercredi 23 septembre, Olivier Véran a évoqué les nouvelles mesures prises pour lutter contre la propagation du coronavirus. A cette occasion, le ministre de la Santé a présenté de nouvelles cartes nationales mettant en évidence la situation sanitaire dans chaque département de la France métropolitaine et d’outre-mer. Quatre niveaux d’alerte ont été introduits au cours de ce discours.

La zone d’alerte. Pour faire partie de ce seuil, les départements doivent avoir un taux d’incidence du virus supérieur à 50 pour 100 000 habitants. Le ministre de la santé a annoncé que “les fêtes, mariages, tombolas, anniversaires, communions” seront limités à un maximum de 30 personnes. Le ministre a ajouté que “dans tous ces territoires, le préfet peut prendre toutes les mesures qu’il juge appropriées”. 69 départements sont concernés par ces nouvelles mesures.

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La zone d’alerte renforcée. Le taux d’incidence dans ces régions est de plus de 150 cas pour 100 000 habitants. Une autre condition est qu’il doit y avoir plus de 50 cas pour 100.000 parmi les personnes de plus de 65 ans. Paris et sa banlieue intérieure, Lyon, Lille, Toulouse, Nice, Saint-Etienne, Bordeaux, Rennes, Montpellier, Rouen et Grenoble sont les villes cibles de ce seuil d’alerte.

Les grands rassemblements dans ces zones sont désormais limités à 1 000 personnes, contre 5 000 à l’origine. Les petites réunions ne doivent pas dépasser 10 personnes. Olivier Véran a ajouté que les gymnases, les salles de village, les salles polyvalentes et les salles de sport sont fermés à partir du lundi 28 septembre. “Ce sont des espaces confinés où il est impossible ou au moins complexe de porter des masques et qui sont, malheureusement, des lieux de pollution importante”, a déclaré le ministre. Les festivals locaux et étudiants sont également interdits. Les établissements de restauration et les bars devront fermer avant 22 heures. L’horaire exact de chaque fief sera déterminé dans les 48 heures par les préfets. Des villes telles que Tours, Dijon, Strasbourg et Clermont-Ferrand, qui se trouvent actuellement dans la zone d’alerte, peuvent être déplacées vers le seuil supérieur.

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La zone de haute alerte. Pour l’instant, seuls deux territoires sont concernés, à savoir la Guadeloupe et la métropole d’Aix-Marseille. Le taux d’incidence est de plus de 250 cas pour 100 000 habitants dans ces redoutes, ainsi que de plus de 100 cas pour 100 000 habitants chez les personnes âgées. La troisième condition est que les services de réanimation incluent 30% des patients atteints de Covid-19.

Ce seuil entraîne la suspension totale des bars et restaurants à partir du samedi 26 septembre pour une période de quinze jours. Les établissements publics doivent fermer, sauf ceux qui ont déjà un protocole sanitaire strict. Les cinémas, les théâtres et les musées ne sont donc pas concernés. Selon Le Figaro, les lieux de culte doivent rester ouverts dans la métropole des Bouches-du-Rhône. Les restrictions des zones d’alerte renforcée s’appliquent à ce seuil.

Reconfinement

L’état d’urgence sanitaire. Aucun territoire n’est actuellement concerné par cette dernière étape. Olivier Véran l’a évoqué très brièvement lors de son intervention. “Nous n’aurions pas d’autre choix que de mettre ces territoires en état d’urgence sanitaire”, a-t-il déclaré, faisant référence à la Guadeloupe et à la métropole d’Aix-Marseille. Avec ces mesures et l’établissement de ces zones d’alerte, le gouvernement dit faire tout son possible pour éviter une nouvelle confirmation. Cependant, ce dernier seuil semble laisser place au spectre d’un reconfinement, qui cette fois serait localisée. Comme la situation continue d’évoluer, le ministre de la santé fera sans doute d’autres annonces dans les semaines à venir.

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