Reconfinement en France après une deuxième vague trop brutale.

L’espoir de traverser l’automne sans casse est balayé: en quinze jours, la France a brutalement basculé dans la 2e vague du Covid-19.

Selon les experts en France, cette situation est prévisible, et ne permet donc plus d’exclure un reconfinement.

Le mois de novembre en France sera un mois de tentatives et le nombre de décès continuera à augmenter, a conclu le Premier ministre Jean Castex, au regard d’une situation hospitalière déjà très tendue et alors que le nombre de nouveaux cas positifs détectés, qui préfigure les admissions et les décès de demain, a franchi la barre des 41.000 en 24 heures seulement, ce qui constitue un nouveau record.

Interventions déprogrammées, déplacements de patients

En effet, avec plus de 200 admissions aux soins intensifs chaque jour ainsi que plus de 150 décès par jour, portant le nombre total de décès à plus de 34 000, la situation hospitalière se rapproche de celle observée lors de la première vague, après mi-mars 2020, constate le Service de santé publique français.

Interventions déprogrammées, transferts de patients entre régions, saturation des services… Les hôpitaux et leurs personnels ont peur de revivre la crise du printemps.

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Mais outre l’afflux de patients atteints de Covid-19 en France, les maladies respiratoires ou cardiaques et les virus, tels que la grippe, sont plus fréquentes en automne et en hiver.

Le mois dernier, les mesures de restriction sanitaire, publiées chaque semaine, se sont multipliées.

Mais tel un rush sans fin, les indicateurs de circulation du virus ont parallèlement continué à se dégrader, entraînant des couvre-feux dans 54 départements et en Polynésie, avec 46 millions d’habitants touchés, du Pas-de-Calais aux Pyrénées orientales.

De 77 980 nouveaux cas positifs entre le 28 septembre et le 4 octobre, le nombre de cas est passé à 122 169 la semaine suivante, puis à 168 772 la semaine dernière.

L’épidémie a repris cet été en France.

Ce qui a changé ces deux dernières semaines, alors que nous étions sur le contrôle de l’épidémie et que les courbes commençaient à s’incurver, est que nous avons soudainement vu une exponentielle (courbe), a dit le ministre de la santé Olivier Véran devant les députés jeudi.

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Tout en se montrant prudent, le ministre évoque l’hypothèse d’un refroidissement du climat dans toute l’Europe et en France, ce qui aurait poussé les gens (a) à se rassembler à l’intérieur et moins à l’extérieur.

Mais pour l’épidémiologiste Dominique Costagliola (Inserm), le gouvernement a été trop prévaricateur à la fin de l’été.

L’épidémie a repris dans la semaine 29 (13 juillet) chez les jeunes, elle s’est déplacée dans les années 40 dès la deuxième moitié du mois d’août.

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Dès septembre en France, il était évident que c’était inexorable. Nous avons manqué cette opportunité, dit-il à l’AFP.

Cette importante tendance de fond se manifeste depuis le mois d’août, note aussi, sans exclure une aggravation due au froid en France, l’épidémiologiste de l’Institut Pasteur Arnaud Fontanet, le membre du conseil scientifique qui conduit le gouvernement.

C’était le moment où on aurait pu se poser la question de mesures plus fortes, mais au mois de septembre, ne voyant rien, il était très difficile de l’entendre, ajoute-t-il sur BFM.

“Des mesures beaucoup plus strictes”

Le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, a déjà prévu des décisions difficiles le 9 septembre, quand la France a détecté près de 10.000 nouveaux cas en 24 heures.

Mais rien ne s’est passé, estime Dominique Costagliola, qui pense que le gouvernement devrait être plus clair sur le télétravail et disposer d’une véritable stratégie de filtrage.

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Il faut donc agir plus vite, mais risquer de ralentir la reprise économique encore plus tôt et de freiner une nouvelle fois la vie sociale ?

Le 15 octobre, sur France 2, Olivier Véran soulignait les vives protestations suscitées par les contraintes imposées aux restaurateurs de Marseille : quand j’ai annoncé une série de mesures restrictives il y a deux ou trois semaines, l’acceptabilité et le niveau de préparation sociale et sociétale étaient peut-être différents de ce ils sont aujourd’hui.

Devant les critiques croissantes de l’opposition, le gouvernement souhaite que le couvre-feu fasse baisser le taux d’incidence, les premiers signes, un frisson espérant dès la semaine prochaine.

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Jean Castex cependant n’a pas exclu d’envisager des dispositions beaucoup plus strictes en France.

Les mesures prises aujourd’hui ne nous permettront pas de contrôler ce qui va se passer à l’hôpital dans trois semaines.

Je me demande s’il sera possible par la suite d’éviter le re confinement, je ne suis pas très optimiste, dit Dominique Costagliola. Et d’ajouter : Nous pouvons dire que c’est le cas dans toute l’Europe.

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Voilà une petite consolation.