Y aura pas d’augmentation du SMIC à venir annonce le ministre du travail.

Ministre du travail : il y a plein d’artisans et de commerçants qui vont mettre la clef sous la porte», a déclaré Muriel Pénicaud.

Après un samedi marqué par la forte mobilisation des « gilets jaunes », avec 136 000 manifestants sur l’ensemble du territoire, et alors qu’ Emmanuel Macron s’apprête à recevoir les syndicats lundi, Muriel Pénicaud, ministre du Travail, a annoncé ce dimanche 9 décembre qu’il n’y aurait pas d’augmentation du Smic, au-delà de la hausse de 1,8 % attendue en janvier.

« Le coup de pouce au Smic on sait que ça détruit des emplois, donc ça n’est pas la bonne méthode, a-t-elle déclaré sur LCI. Si on augmente tous les salaires de façon automatique, il y a plein d’artisans et de commerçants qui vont mettre la clef sous la porte, ou alors ils vont augmenter les prix et personne ne pourra se payer le service. »

Vendredi, elle avait plaidé pour une augmentation des salaires de la part des entreprises « face à l’urgence absolue ». Une déclaration qu’elle a confirmée : « Il y a de nombreuses branches ou entreprises où on peut soit augmenter l’intéressement ou la participation, soit augmenter les salaires. Et donc j’ai appelé les entreprises et les branches, toutes celles qui le peuvent, à négocier sur les salaires et à aller plus vite sur ce sujet. »

ministre du travail

«Gilets jaunes»: Muriel Pénicaud plaide pour des augmentations de salaire face à l’«urgence sociale absolue»

Muriel Pénicaud estime que les entreprises doivent « faire quelque chose » dans cette situation d’« urgence sociale »

Muriel Pénicaud veut répondre à l’urgence « sociale » et « économique » alors que l’acte 4 des manifestations des « gilets jaunes » s’annonce très suivi en France. Primes, augmentations, négociations… La ministre du Travail en a appelé vendredi aux entreprises, soulignant que « tout le monde doit faire sa part ».

La ministre a reçu ce vendredi les organisations syndicales et patronales avec cinq autres membres du gouvernement. Elle a confirmé que le sujet de la prime transport et le versement d’une prime exceptionnelle défiscalisée et exonérée de charges seraient sur la table des discussions. « On ne va pas imposer par la loi une augmentation générale des salaires, ça n’a pas de sens, on détruirait de la compétitivité et de l’emploi », a estimé la ministre vendredi matin sur BFM Business.

Muriel Pénicaud

Accompagnement par le salaire

« Mais en revanche, ça va être le moment des négociations salariales, la loi Pacte va permettre d’augmenter aussi l’intéressement et la participation, la loi Avenir professionnel permet d’augmenter les salaires des femmes – enfin ! – pour que les femmes gagnent autant que les hommes à poste égal », a-t-elle énuméré. Muriel Pénicaud « en appelle aux entreprises : il faut y aller, tout le monde peut faire quelque chose, donc tout le monde doit faire quelque chose dans cette dynamique ».

SMIC

Pour la ministre du Travail, « on est d’abord en urgence sociale absolue, donc en urgence économique, cette fois si c’est dans ce sens-là ». « Que les grandes entreprises montrent l’exemple – et il y en a beaucoup qui sont prêtes à le faire, qui le disent. Et il y a des branches qui ont fait l’accompagnement des salaires ces dernières années, d’autres moins. Je sais qu’elles sont prêtes à le faire, il faut le faire », a-t-elle martelé.

Interrogée sur la proposition formulée par le président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand d’une prime exceptionnelle défiscalisée et exonérée de charges que les entreprises seraient invitées à verser à leurs salariés, la ministre a répondu : « Ça fait partie des sujets qu’on va discuter avec les partenaires sociaux ».