«Gilets jaunes»: C’est le grand flou autour du grand débat national.

Grand débat : Emmanuel Macron et le gouvernement misent sur cette concertation dans tout le pays pour sortir de la crise des « gilets jaunes ».

Chantal Jouanno, présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP), a décidé de se retirer du grand débat national mardi soir. Elle l’explique par la polémique sur son salaire (14.666 euros bruts mensuels), sur lequel les interrogations sont légitimes », mais qui ne garantit plus les « conditions de sérénité nécessaires pour ce débat ».

A une semaine de son coup d’envoi, le « grand débat national » commence mal. Pensée comme une réponse aux diverses questions nées de la crise des « gilets jaunes », cette concertation est périlleuse pour l’exécutif, qui ne souhaite pas «monopoliser» le débat mais espère une mobilisation des Français.

Le flou demeure sur l’organisation concrète des débats et leur restitution, les sujets discutés et leur éventuelle concrétisation à l’issue des deux mois de concertation. Pour apporter des précisions, le chef de l’Etat et tout le gouvernement discuteront du grand débat national lors du séminaire gouvernemental ce mercredi. Puis Emmanuel Macron précisera les contours de la concertation dans une « lettre aux Français », le 14 janvier. Même la diffusion de cette allocution est floue à ce jour. L’Elysée souhaite la publier sur les réseaux sociaux et dans la presse, mais selon des modalités qui sont encore discutées à la présidence, nous a-t-on indiqué mardi.

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Pourquoi cette concertation ?

« Pour sortir de la crise des “gilets jaunes” », comme l’indique le gouvernement sur son site, en « redonnant la parole aux Français sur l’élaboration des politiques publiques qui les concernent ».

Le président l’a annoncée le 27 novembre dernier, après les premières violences survenues lors de la mobilisation. Il la décrivait comme « une grande concertation de terrain sur la transition écologique et sociale » pour « construire [un] nouveau modèle économique, social, territorial ». Dans son allocution du 10 décembre, Emmanuel Macron a ensuite élargi l’objectif, affirmant vouloir « recevoir les avis, prendre ainsi le pouls vivant de notre pays ».

Qui organisera les débats, et comment ?

Tout le monde peut organiser un débat. Pour cadrer l’opération, le gouvernement a consulté la Commission nationale du débat public (CNDP), une autorité indépendante présidée par Chantal Jouanno, ex-ministre de Nicolas Sarkozy. Cette instance créée en 1995 a déjà organisé de nombreuses concertations sur des sujets aux impacts environnementaux ou socio-économiques, par exemple les créations d’autoroutes, de lignes ferroviaires.

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Malgré les délais assez courts, la CNDP assure que « tout sera prêt » pour le 15 janvier. Dotée d’une enveloppe de 4 millions d’euros, elle a élaboré un site Internet et un « kit » afin que tous les citoyens, élus ou non, puissent organiser un débat dans des lieux publics ou privés, des mairies ou chez eux, et même en extérieur, puisqu’il y aura des stands mobiles. Une diversité de formats et de lieux qui pose la question de la sécurité de ces espaces de débat. Interrogé par 20 Minutes sur les moyens déployés pour assurer la sécurité lors débats, le ministère de l’Intérieur n’avait pas répondu mardi. En outre, une plateforme en ligne recueillera les contributions au niveau national et des « conférences de citoyens tirés au sort » seront mises en place dans chaque région.

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Laeticia Faubert

Je suis l'administratrice de du site, merci les filles.