Féminicides : 102 femmes tuées en 2020, Gérald Darmanin annonce des mesures drastiques.

féminicide 2021

Le nombre de féminicides est en baisse par rapport à 2019, mais avec 400 000 interventions dans l’année, les violences conjugales deviennent un motif important d’intervention.

102 victimes  de féminicides en 2020… Gérald Darmanin a annoncé, dimanche 1er août 2021, de nouvelles mesures pour tenter d’endiguer les violences conjugales, alors que 102 femmes ont perdu la vie en 2020 sous les coups de leur partenaire ou ex-partenaire.

Dans une interview au Parisien mise en ligne dimanche soir, le ministre a dévoilé les chiffres de l’année dernière concernant les “morts violentes au sein du couple”, qui seront publiés ce lundi.

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Féminicides : Un chiffre en baisse par rapport à 2019

Si 102 femmes – et 23 hommes – ont perdu la vie en 2020 dans ces circonstances – le chiffre le plus bas depuis 15 ans, alors qu’en 2019 on dénombrait 146 féminicides – le ministre souligne que l’année dernière a été particulière avec “deux enfermements”.

Néanmoins, poursuit-il, “le nombre d’interventions de la police et de la gendarmerie pour des féminicides reste très élevé : plus de 400 000, soit 45 interventions par heure”. “Il ne se passe pas un jour sans que le GIGN ou le Raid ne se déplace pour libérer une femme ou des enfants pris en otage…”.

La première raison d’intervention des forces de l’ordre

Gérald Darmanin constate que les violences conjugales “deviennent le premier motif d’intervention des policiers et des gendarmes”.

Pour tenter de lutter contre ce fléau, le ministre de l’Intérieur a notamment annoncé que le traitement des plaintes pour violences conjugales sera prioritaire, et que chaque commissariat de police et chaque brigade de gendarmerie disposera d’un officier spécialisé dans ces violences.


Il tire également les leçons du féminicide particulièrement atroce survenu à Mérignac le 4 mai dernier, pour lequel il avait demandé une mission d’inspection.

Cette mission avait conclu dans son rapport à une multitude de manquements qui ont conduit Chahinez Daoud, 31 ans, à être brûlée vive en pleine rue par son ex-mari, après qu’il lui ait tiré dans les jambes pour la faire tomber.

féminicide france 2021

Féminicides : L’affaire de Mérignac remet en cause

Gérald Darmanin avait demandé à la mission d’inspection un nouveau rapport pour identifier les responsabilités. Le rapport remis la semaine dernière au Premier ministre n’a pas été rendu public.

Alors que le Canard enchaîné a révélé qu’un policier ayant pris une des plaintes de la victime avait lui-même été condamné pour violences conjugales et était en attente d’une audience disciplinaire, le ministre a qualifié cette situation d'”inacceptable”.

Il a annoncé qu’il avait demandé au chef de la police nationale de saisir l’IGPN, la “police des polices”, qui devrait remettre son rapport sur les féminicides dans six semaines.

compteur féminicide 2020

Un conseil de discipline dans les trois mois

Le ministre a également demandé que les conseils de discipline se réunissent “dans un délai maximum de trois mois” pour les féminicides et que le policier concerné “ne soit plus en contact avec le public” dans l’attente d’une décision du conseil.

Pour assurer un meilleur suivi de ces situations, le ministre a insisté sur la consigne donnée aux policiers et gendarmes de “faire un rapport au procureur”, l’objectif étant que “100% des constatations soient transformées en plainte ou en rapport”. L’utilisation de rapports manuscrits est également interdite “pour de bon”.

Pour faire face à l’augmentation du nombre de procédures (193 000 l’an dernier), le ministre de l’Intérieur promet de favoriser le recrutement d’officiers de police judiciaire.

Des équipes spécialisées dans chaque département

Par ailleurs, Gérald Darmanin souhaite que chaque département dispose “d’équipes spécialisées dans la lutte contre les féminicides” (brigade de protection des familles en zone police ou centre de protection des familles en zone gendarmerie).

Dès “la fin du mois d’août”, un officier national sera nommé auprès du directeur général de la police nationale (DGPN), du directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN) et du préfet de police “sur le modèle de ce qui existe en matière de terrorisme et de stupéfiants”.


Enfin, concernant les armes à feu – un tiers des femmes sont tuées par arme à feu – le ministre souhaite que le dossier des personnes mises en cause pour violences conjugales soit relié à ceux des propriétaires d’armes et des personnes interdites de port, et que la police les consulte “systématiquement”.

“Cela permettra, dit-il, de vérifier si un prévenu” pour de tels actes de violence “est en possession d’une arme et donc de la lui retirer, sans même le témoignage de son conjoint”.