Christophe Castaner veut que la justice poursuive Eric Drouet pour son appel au “soulèvement”.

Eric Drouet : Cette personnalité des “gilets jaunes” avait “appelé à un soulèvement sans précédent par tous les moyens utiles et nécessaires”.

Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a dit mardi 29 janvier souhaiter que la justice poursuive l’une des personnalités des “gilets jaunes”, Eric Drouet. Après avoir appris la blessure à un œil samedi d’une figure du mouvement social, Jérôme Rodrigues, le groupe Facebook La France en colère !!!, créé par Eric Drouet, avait décrété dans un communiqué “l’état d’urgence du peuple” et “appelé à un soulèvement sans précédent par tous les moyens utiles et nécessaires pour que plus personne ne soit victime de ces blessures de guerre”.

Christophe Castaner

“C’est un appel à l’insurrection. C’est quoi ‘tous les moyens utiles et nécessaires’ ? Les boules de pétanque jetées sur les policiers, c’est déjà fait. Les pavés, c’est déjà fait. Les cocktails Molotov, c’est déjà fait, a affirmé Christophe Castaner sur BFMTV. Cette dernière déclaration relève à mon sens de l’infraction pénale. Nous ferons ce qu’on appelle un article 40 pour que le procureur décide s’il veut poursuivre ou pas. Vous vous rendez compte qu’il appelle à utiliser de nouvelles armes alors qu’aujourd’hui il y a des cocktails Molotov ?”

Eric Drouet a rapidement réagi : “Voilà, Castaner porte plainte contre moi ! Je commence vraiment à être fatigué de ce gouvernement“, a-t-il publié sur le même groupe Facebook.

Pourquoi Emmanuel Macron suscite tant de “haine”.

Pour la sociologue Dominique Schnapper, “la haine personnelle qui s’attache aujourd’hui à la personne du président de la République est inédite”.

Sociologue et politologue, membre du Conseil constitutionnel de 2001 à 2010, Dominique Schnapper a été directrice d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). La version originale de cet article a été publiée sur le site Telos, dont franceinfo est partenaire.

Un souvenir d’octobre 1953, au début de ma classe d’hypokhagne au lycée Fénelon : les larmes de l’une de mes camarades venue de Tunisie. Nous venions d’apprendre la mort de Staline. L’émotion était largement répandue, bien au-delà des militants du parti communiste. Les tyrans ont plus souvent suscité la passion et la fascination que la haine.

Un degré inédit de “haine”

La haine personnelle qui s’attache aujourd’hui à la personne du président de la République est inédite. A l’égard de leurs gouvernants, les Français ont manifesté au cours de l’histoire des sentiments divers et extrêmes, de l’admiration à l’attachement jusqu’à la détestation. On fait volontiers l’hypothèse que la mort de Louis XVI reste un impensé de notre histoire qui continue à marquer notre vie collective. Mais la passion autour de la personne d’Emmanuel Macron nous a pris par surprise. On peut évidemment critiquer sa politique ou son style personnel, pointer ses maladresses ou ses provocations, mais n’est-ce pas le cas de tous ceux qui sont dans l’action ?

La suite ==>