Justice : Un boulanger jugé parce qu’il ouvre sa boulangerie 7/7.

Xavier Perret, patron de la boulangerie-pâtisserie La Boulaga à Troarn (14), sera jugé le 15 novembre au TGI de Caen pour vente ininterrompue de pain.

A l’origine de cette obligation de fermeture hebdomadaire, une réglementation d’origine corporatiste qui varie selon les départements.

La vente au détail de pain fait l’objet, en Normandie comme dans d’autres régions de France, d’arrêtés préfectoraux ordonnant une fermeture hebdomadaire des établissements. Cette réglementation vise à placer les professionnels sur un pied d’égalité en terme de concurrence. Ce n’est pas du goût de tous les boulangers qui réclament le droit de choisir de travailler 7 jours sur 7 et qui dénoncent des disparités selon les départements de France.

C’est le cas de Xavier Perret, patron de La Boulaga, à Troarn dans le Calvados. Sa boulangerie-pâtisserie est ouverte 7 jours sur 7, 365 jours par an.
C’est compliqué pour moi de me dire que je passe au Tribunal parce que je travaille! J’ai 12 salariés, je respecte leurs temps de repos, on fait des roulements, je respecte le droit du travail. C’est choquant, quand on entend qu’il suffit je cite notre président de ” traverser la rue pour trouver du travail” et de voir ça !

boulanger

L’amplitude d’ouverture de la Boulaga s’oppose à un arrêté préfectoral qui interdit la vente ininterrompue de pain. Au total, en plus du couple de boulangers, ce commerce embauche 12 personne, fermer un jour modifierait selon Xavier Perret le fonctionnement de toute cette petite entreprise et entraînerait la supression de 2 CDI. Lui et son épouse Isabelle comparaîtront le 15 novembre au Tribunal de grande Instance de Caen.

Une jurisprudence défavorable

Avant eux, Servane et Emmanuel Deuval ont connu le même épisode judiciaire et ils ont été condamnés. Depuis juillet dernier, il leur est maintenant interdit de vendre du pain une journée par semaine à savoir le mardi…Mais chaque mardi, ils continuent à vendre des viennoiseries, des sandwiches réalisés avec leur pain mais point de baguette !

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Sur le parking de leur boulangerie de Mondeville, la Feuillette, ils ont trouvé un subterfuge, ils peuvent continuer à vendre leur pain 7/7 grâce à une machine automatique.
Si c’est une machine qui vend, la réglementation ne s’applique pas! Emmanuel Deuval, boulanger à Mondeville