A deux mois et demi de Noël, petits et grands pourront-ils se réunir ?

Noël : Alors que la pandémie ne montre pas de signes d’essoufflement, que Paris et sa petite couronne ont été placés en alerte maximale.

Dans deux mois et demi, les cadeaux seront déballés sous le sapin, parmi des bouteilles de gel hydroalcoolique et des lingettes désinfectantes pour Noël,. Mais jeunes et vieux pourront-ils se retrouver ?

Deux mois et demi avant Noël, la vente des billets de train pour les vacances s’ouvre ce mardi. Vous aviez l’habitude de voyager à travers la France pour retrouver votre famille, toute la famille. C’était peut-être l’une des rares occasions de l’année, en dehors des mariages, des baptêmes, de l’Aïd et des bar-mitsva, où les enfants, les parents, les grands-parents, les tantes, les neveux, les cousins et les cousines et les arrière-cousins se réunissaient autour d’une grande table et d’un repas sans fin. Mais avec la poursuite de la crise du Covid-19, certains craignent déjà que ces festivités n’aient pas lieu cette année.

Alors que la pandémie ne montre aucun signe d’essoufflement, que Paris et sa proche banlieue sont en alerte, que certains hôpitaux sont en alerte, que les écoles et les universités représentent un tiers des groupes et que certains spécialistes estiment que la circulation du virus a été sous-estimée, Covid-19 pourrait-il être le fauteur de troubles pour Noël ?

Covid-19

Marie*, une retraitée de 66 ans, est dans le brouillard. Ses deux filles et son fils, leurs conjoints et leurs cinq enfants âgés de 2 à 7 ans, se retrouvent habituellement chez elle en Seine-et-Marne pour Noël. Cela représente une opération délicate en temps normal : certains sont médecins, infirmiers ou travaillent à l’Ehpad, avec un service de garde le week-end et les jours fériés. Une difficulté supplémentaire : la famille est dispersée dans toute la France, entre Clermont-Ferrand, Nantes et Lille.

Cela va être un vrai casse-tête d’essayer de faire rentrer tout le monde, s’inquiète-t-il. Nous ne savons toujours pas quelle sera la situation sanitaire en décembre. Les restrictions pourraient-elles être plus sévères ? Serons-nous autorisés à quitter leur appartement ? Devrons-nous nous limiter à 1 km autour de nos maisons ? Retournerons-nous à une forme de confinement ?

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De nombreuses questions restent sans réponse avant Noël. La question n’a pas encore été sérieusement abordée avec ses enfants – le problème actuel est l’organisation des vacances de la Toussaint, Marie étant réquisitionnée pour s’occuper de ses petits-enfants à Nantes puis à Lille – mais la sexagénaire est concernée.

Et puis il y a ma mère de 92 ans qui vit en Charente. Elle ne bouge plus, mais je dois quand même aller la voir.
Dans les départements classés en zone de haute vigilance, les réunions de plus de 10 personnes sont interdites dans les espaces publics. À Lyon, le préfet du Rhône a même recommandé de limiter les rencontres privées avec la famille, les amis et les associations. Le ministre de la santé a également appelé à une plus grande protection des personnes âgées. Olivier Véran a demandé aux groupes vulnérables de réduire le nombre de personnes qu’ils voient chaque jour.

COVID-19

C’est pourquoi Sophie*, ingénieur de 35 ans, ne fêtera pas Noël comme elle le fait chaque année avec l’une de ses deux grands-mères.

Ma sœur et moi avons instauré une rotation annuelle”, explique-t-elle. L’année dernière, nous l’avons fait avec notre grand-mère maternelle à Metz. Cette année, elle devait se dérouler chez notre grand-mère paternelle à Marseille.

Avec des tantes, des oncles et des cousins. Mais étant donné le contexte de l’épidémie, il n’en est pas question. Sa grand-mère a plus de 80 ans, il lui faut des semaines pour se remettre d’une bronchite, Sophie et sa sœur vont souvent dans le sud en train et elles ont de jeunes enfants dans la communauté : l’équation était jugée trop risquée. L’équation a été jugée trop risquée avant Noël. Bien que Sophie lui ait rendu visite cet été, ce n’était pas sans précautions.

macron

Avant d’aller la voir, nous nous sommes assurés que mes beaux-parents resteraient dans le Var pendant une dizaine de jours. Nous ne connaissions personne, je faisais du télétravail de toute façon. Et quand nous sommes allés la voir, nous avons pris une voiture pour éviter les transports publics.
D’autant plus que ses deux grands-mères sont très stressées par la situation sanitaire.

Lorsque nous avons discuté en juin de la possibilité de lui rendre visite en été, elle nous a d’abord dit qu’elle ne voulait pas que nous y allions. Elle veut évidemment nous voir, mais elle a aussi très peur d’une éventuelle contamination. Il faut que ce soit un moment de plaisir.
Ainsi, Noël sera passé en très petit groupe chez sa sœur ou sa mère en région parisienne.

vacances de la Toussaint

Quant à Clémence*, un homme d’affaires de 39 ans, les espoirs d’un Noël au Sénégal ont été déçus.

Nous avons dit que nous nous donnerions jusqu’à la fin de la semaine pour décider, mais je ne suis pas optimiste”, dit-elle.

Cette mère d’une fille de quatre ans et belle-mère de trois jeunes de 16, 18 et 20 ans avait prévu de se rendre, avec son mari, dans la résidence achetée juste avant Covid-19 par ses parents en Casamance.

Ce devait être notre premier grand voyage en famille, ma sœur et sa fille allaient être là aussi, l’occasion parfaite. Et cela aurait fait beaucoup de bien aux enfants de découvrir autre chose, de s’immerger dans une autre culture. Mais maintenant, nous n’osons plus faire de réservations. En outre, pour l’instant, seuls ceux qui ont une carte de résident, comme mes parents, peuvent entrer dans le pays. Les billets d’avion sont toujours chers pour six personnes, que feriez-vous avec une note de crédit ?

Noël

La famille a envisagé d’aller au Portugal, où leur mère vit toute l’année.

Pour l’instant, nous sommes autorisés à y aller, les frontières sont ouvertes. Cela pourrait être l’occasion de rencontrer toute la famille de mon mari, sa sœur, ses cousins. Mais qu’en sera-t-il dans deux mois ? Que se passera-t-il si les conditions sanitaires deviennent plus difficiles ou si les réunions familiales sont limitées en nombre ?

Malheureusement, Clémence se prépare pour Noël chez elle dans l’Essonne ou chez ses parents en Bourgogne. Au moins, il sera facile de s’y rendre en voiture. Mais pour Noël sous le soleil, c’est du passé. Les témoins marqués d’un * ont voulu être présentés uniquement par leur prénom.